Dette et productivité : la Fondation Université Côte d’Azur publie sa première Note d’Impact

Comment redresser durablement les finances publiques sans compromettre les investissements nécessaires à la croissance future ? Dans sa première Note d’Impact, intitulée « Dette et productivité : choisir le temps long », la Fondation Université Côte d’Azur formule trois propositions pour renforcer la capacité productive de la France. Signée par Maxime Menuet, Économiste et Professeur des universités à Université Côte d’Azur et membre de l’Institut universitaire de France, cette publication a été présentée le 14 octobre 2026 au Palais du Luxembourg, à l’occasion des Rencontres du Cercle.

Le ralentissement de la productivité et la dégradation des finances publiques constituent deux défis majeurs pour l’économie française. La hausse du coût de la dette réduit les marges de manœuvre budgétaires, tandis qu’une croissance moins dynamique limite les recettes publiques et la capacité du pays à financer ses investissements d’avenir.

Dans sa première Note d’Impact, « Dette et productivité : choisir le temps long », l’économiste Maxime Menuet analyse ces phénomènes de manière conjointe et invite à repenser les arbitrages budgétaires à l’aune de leurs effets économiques à long terme.

L’enjeu : restaurer la soutenabilité des finances publiques sans fragiliser les investissements indispensables à la recherche, aux compétences, aux infrastructures et au développement des entreprises.

Comme le souligne l’auteur dans sa note :

Une consolidation budgétaire mal conçue peut améliorer les comptes publics à court terme tout en affaiblissant la base productive qui permettra de les stabiliser demain.

Cette approche replace la qualité de la dépense publique et sa contribution à la croissance future au coeur du débat économique.

Pour sortir de cette dynamique et concilier redressement budgétaire et investissement de long terme la Note d’Impact avance trois leviers d’action.

1. Intégrer un stress test souverain à chaque budget

La première proposition consiste à évaluer systématiquement la résistance des finances publiques à différents scénarios économiques et financiers. Ces tests porteraient notamment sur les conséquences, à cinq et dix ans, de taux d’intérêt durablement élevés, d’une croissance plus faible ou de la combinaison de ces deux chocs.

L’objectif est de rendre les risques plus lisibles et de permettre au Parlement de mieux apprécier les conséquences des choix budgétaires sur la trajectoire de la dette.

2. Orienter l’épargne vers le financement de l’économie productive

La deuxième proposition vise à mobiliser davantage l’épargne des Français au service du développement des entreprises. La note préconise d’adapter les dispositifs d’incitation existants, notamment l’assurance-vie et le plan d’épargne retraite (PER), afin de favoriser les investissements de long terme, le renforcement des fonds propres et les capacités d’industrialisation.

Cette orientation reposerait sur le choix volontaire des épargnants, avec des exigences de transparence et de maîtrise des frais.

3. Piloter France 2030 par les capacités industrielles créées

Enfin, la note propose de renforcer le pilotage du plan France 2030 en définissant des objectifs technologiques et industriels à dix ans. Cette démarche permettrait de mieux coordonner la recherche, le financement, la formation et la commande publique.

La réussite des investissements serait évaluée à partir de résultats concrets : les capacités de production effectivement créées et les investissements privés générés.

À travers ces trois propositions, Maxime Menuet défend une approche qui articule anticipation des risques, financement de l’économie et développement des capacités productives, afin de contribuer au redressement durable des comptes publics.

Le 14 octobre 2026, au Palais du Luxembourg, les Rencontres du Cercle ont permis de confronter les propositions de cette première Note d’Impact à l’expérience des entreprises, aux enjeux du financement et aux responsabilités de la décision publique.

Organisée à l’invitation d’Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice des Alpes-Maritimes, et de Mathieu Garotta, président de la Fondation Université Côte d’Azur, cette rencontre a réuni plusieurs personnalités issues des mondes académique, économique et institutionnel :

  • Maxime Menuet, professeur des universités à Université Côte d’Azur, membre de l’Institut universitaire de France et auteur de la Note d’Impact ;
  • Christian de Boissieu, vice-président du Cercle des économistes et professeur émérite d’économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ;
  • Pierre Brajeux, président de Torann France et du MEDEF Hauts-de-Seine ;
  • Pierre Gattaz, président de Radiall et de l’Institut des Solutions ;
  • Adina Grigoriu, fondatrice et dirigeante d’Active Asset Allocation ;
  • Daniel Audemard, Président et Directeur Général du Groupe Audemard ;
  • Olivier Peraldi, membre du Cercle Souverain.

Les échanges ont été modérés par Léonidas Kalogéropoulos, président d’Entrepreneurs pour la République, qui a rappelé l’importance de préserver les investissements nécessaires à la création de richesses :

« Prétendre réduire notre dette en sacrifiant les investissements qui préparent l’avenir, c’est condamner notre pays à s’appauvrir et ne jamais sortir de la spirale de la dette. Il nous faut relancer la machine productive pour dégager les richesses qui permettront de redresser nos comptes publics. »

Cette prise de position souligne l’enjeu central de la note : inscrire le redressement des finances publiques dans une stratégie de long terme, fondée sur la capacité de l’économie à produire davantage de richesses.

Pour Alexandra Borchio Fontimp, cette démarche repose également sur la nécessité de rapprocher les acteurs qui contribuent au développement économique des territoires :

Le développement de nos territoires exige un dialogue entre le monde académique, le monde économique et le monde politique. Le Cercle de la Fondation Université Côte d’Azur donne un cadre concret à cette convergence : les savoirs éclairent les choix, les entreprises apportent leur expérience et les responsables publics peuvent mieux apprécier les conditions de l’action. Je suis convaincue que cette démarche azuréenne peut inspirer d’autres territoires pour transformer leur excellence académique en développement économique durable. 

Lancé en mars 2026 par la Fondation Université Côte d’Azur, Le Cercle rapproche les savoirs académiques, l’expérience des entreprises et la décision publique autour de trois piliers : Penser, Agir, Rayonner.

À travers ses Notes d’Impact, il entend mettre l’expertise universitaire au service des grands enjeux économiques et territoriaux, en proposant des analyses étayées par la recherche et des leviers d’action destinés à éclairer la décision.

Cette première publication concrétise l’ambition annoncée en mai 2026 : faire dialoguer les connaissances scientifiques et les réalités économiques pour contribuer utilement au débat public.

Le prochain volet des Notes d’Impact portera sur les infrastructures numériques, leur financement et leurs modèles économiques, notamment ceux des centres de données (data centers).